lunedì 9 settembre 2013

Yves Charles Zarka : Le populisme et la démocratie des humeurs @ Cités, n.49, 2012




Yves Charles Zarka : Le populisme et la démocratie des humeurs 
@ Cités, n.49, 2012

Le retour du populisme en France, dans la plupart des pays européens et ailleurs ne peut être simplement expliqué comme le résultat de la stratégie de certains partis politiques extrêmes qui font de la démagogie leur fonds de commerce en jouant sur les peurs des populations, voire en les créant. Bien entendu, ces partis existent – pas seulement à l’extrême droite – et ils font en effet profession de populisme, c’est-à-dire suscitent et activent les passions les plus négatives, et même les plus perverses pour étendre leur audience et entretenir leurs troupes : construction de boucs émissaires (les immigrés, les élites), promesses d’autant plus exorbitantes que les moyens élaborés pour les satisfaire sont indigents, désignation permanente de l’ennemi à attaquer ou à détruire pour que la justice, la prospérité et le bonheur soient restaurés. S’en tenir à une telle explication serait, je crois, passer à côté de ce qui fait la spécificité du moment présent. Le retour du populisme et son extension ne sont pas la réactivation d’une essence transhistorique de la manipulation des peuples.
2Ce qui caractérise le populisme aujourd’hui, c’est qu’il se développe dans les sociétés démocratiques dont les populations sont en général dotées d’un haut niveau d’éducation et ne se laissent pas manipuler facilement parce qu’elles comprennent les stratégies politiques des uns et des autres. Sa cause est plus profonde : elle concerne un aspect de la dégradation de la démocratie aujourd’hui, c’est pourquoi le populisme n’est pas le fait d’un seul parti mais de la plupart. Il est difficile d’y résister, et pourtant il faut absolument lui résister. Pour le dire d’une phrase : le populisme devient en effet un mode dominant du rapport aux citoyens dans des démocraties qui ont perdu le sens de la délibération publique, de la consultation populaire et du bien commun.
3En effet, l’exercice du pouvoir politique est aujourd’hui scindé en deux dimensions très différentes l’une de l’autre. La première consiste en une technicisation politique biaisée. En ce sens, celle-ci est un mixte d’expertises plus ou moins objectives et d’intérêts plus ou moins inavouables. Les expertises, pour lesquelles sont rémunérés des économistes ou des financiers, sont censées exposer la seule solution possible dans un domaine et une situation particulière : par exemple la solution pour sortir de la crise financière actuelle. Mais précisément pour que la solution puisse être présentée comme la seule possible, il ne faut pas la nommer « crise financière », mais « crise de la dette ». Par ce biais, on fait comme si la dette était un phénomène à expliquer pour lui-même, comme si la cause de la dette était à elle seule la cause de la crise. Réponse dans ce contexte : certains États ont trop dépensé, ils se sont endettés au-delà de toute mesure. D’où la seule et unique solution possible : il faut mettre en place une politique de rigueur pour réduire l’endettement et un dispositif de sanctions contre les États qui ne s’y soumettraient pas ou qui ne respecteraient pas les engagements pris. On écarte de cette façon un bon nombre d’autres solutions possibles, comme le changement de statut de la BCE (Banque Centrale Européenne), le contrôle des banques, la taxation des transactions financières, la remise en cause radicale et même la traduction devant un tribunal international des agences de notation qui ont, dans bien des cas, comme celui des produits Subprimes (notés AAA jusqu’à la catastrophe de 2008), sciemment trompé à la fois des populations entières et même des États, etc. Ces solutions alternatives, dont le sérieux est accrédité par un bon nombre des meilleurs économistes, ne sont même pas évoquées. Seule est retenue la prétendue seule solution possible, comme le faisait l’actuel Chef de l’État, Nicolas Sarkozy, dans son interview au journal Le Monde (13/12/2011) à propos de l’accord européen de Bruxelles censé nous faire sortir de la crise. Ce qui est présenté dans ce cas comme la seule solution possible pour la sortie de la crise est une vérité tout autre chose que cela : le résultat d’une vision partielle et partiale, biaisée donc, en fonction d’autres motivations qui relève d’intérêts. Quels sont ces intérêts ? Il varient suivant les cas, mais il est clair qu’il sont opposés au intérêts des différents peuples européens, puisque en somme on fait payer aux populations par la rigueur et l’impôt des dettes dites souveraines (mais qu’il faudrait dire de servitude) des États dont elles ne sont nullement responsables. Ce sont souvent ceux-là mêmes (Nicolas Sarkozy en particulier par ses cadeaux fiscaux invraisemblables entre autres choses) qui ont creusé la dette, qui se donnent désormais pour les meilleurs médecins connaisseurs de l’unique traitement possible. On voit comment l’intérêt inavoué ou inavouable (il ne faut pas faire peser la charge sur la frange la plus favorisée de la population, il ne faut pas que la responsabilité des gouvernants apparaisse, etc.) pèse sur la conception de la prétendue unique solution possible.
4Ce que j’ai appelé ci-dessus, la technicisation politique biaisée est le nerf des pratiques de pouvoir aujourd’hui. Elle ne concerne pas uniquement la France, mais l’ensemble des États européens et même au-delà. Ce que l’on appelle gouvernance, n’est en réalité rien d’autre que l’art de faire passer pour des solutions techniques salvatrices des intérêts de classe. Quand la démarche réussit, c’est-à-dire lorsque l’illusion a pris, on appelle cela « bonne gouvernance ». De ce point de vue, toute délibération publique sur les options, les finalités et les choix a disparu. Elle apparaîtrait même comme dangereuse, parce que susceptible de rejeter « la seule solution possible ». Pour poursuivre toujours sur l’exemple de la technicisation biaisée en quoi consiste l’accord européen mis en place par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy : il allait de soi que les peuples européens ne seraient pas consultés pour valider l’accord. La technicisation biaisée du pouvoir démocratique a peur du peuple. Si Angela Merkel et Nicolas Sarkozy sont incontestablement élus démocratiquement, en revanche leur exercice du pouvoir n’a plus rien de démocratique. C’est là que l’on passe à la post-démocratie.
5Cependant, pour que ce qui n’est plus une pratique démocratique du pouvoir puisse passer encore pour de la démocratie, il faut faire intervenir la seconde dimension de l’exercice du pouvoir. Cette seconde dimension consiste en une excitation des humeurs des populations : en particulier par la peur. Cette passion est à la fois sollicitée et apaisée, au moins en apparence, par des réactions immédiates de tel ou tel Ministre, réactions susceptibles de calmer la peur et de faire renaître l’espoir à un moment donné sans se soucier nullement des conséquences à plus long terme, ni même de savoir si là encore le remède prétendu à la peur n’est pas pire que le mal. C’est ce rapport aux humeurs du peuple qui commande aujourd’hui le rapport du pouvoir aux citoyens en donnant l’apparence du souci dans lequel le pouvoir tiens le peuple. Le populisme, dans sa forme actuelle, n’est rien d’autre que cette politique qui compense la technicisation biaisée du pouvoir par une prise sur les humeurs du peuple. La démocratie s’est ainsi dégradée en gouvernance post-démocratique, d’un côté, et populisme de l’autre. La démocratie dégradée dont je parlais au début consiste dans cette démocratie des humeurs populaires qui commande les politiques de sécurité, de justice, de santé et d’éducation etc. Mais les humeurs des peuples sont changeantes, il est le plus souvent illusoire de penser qu’on les maîtrise. C’est pourquoi les populistes sont des apprentis sorciers qui peuvent conduire, toujours pour satisfaire les humeurs, à des pratiques ou à des législations tout à fait irrationnelles et dangereuses, l’histoire nous en donne de nombreux exemples.
6La délibération démocratique est un rapport légitime au peuple qui suppose non seulement de ne pas solliciter ou répondre aux humeurs passagères des citoyens, mais en outre de leur résister. La démocratie suppose le temps, le privilège de la raison, la capacité à déterminer le bien commun au delà de la prochaine échéance électorale. Mais cela la démocratie dégradée en technicisation biaisée du pouvoir, d’une part, et sollicitation des humeurs du peuple, d’autre part, en est incapable. On voit donc comment le populisme des humeurs peut se loger dans tous les partis politiques. Est-ce que le Front national est plus populiste que l’UMP aujourd’hui ? Ce n’est pas sûr. Est-ce que le Front de gauche est plus populiste que le Parti socialiste aujourd’hui ? Peut-être, mais ce n’est pas sûr. En tout état de cause le populisme s’infiltre dans tous les partis. Il faut savoir y résister, il faut savoir ne pas céder à cette pathologie de la démocratie. Lorsque l’exercice du pouvoir maintient les citoyens systématiquement hors de la consultation et de la délibération sur les choix collectifs, sous prétexte que les peuples ne savent pas, ou ne croient pas ce qu’ils savent, ou encore ne veulent pas ce qui est bon pour eux, alors on infantilise le peuple et on fait le lit des populistes de tout acabit et de toute couleur politique.

Yves Charles Zarka: Professeur à la Sorbonne, université Paris Descartes, chaire de philosophie politique, il est notamment l’auteur de La Décision métaphysique de Hobbes. Conditions de la politique (Vrin, 1987, 2e édition, 1999) ; Hobbes et la pensée politique moderne (PUF, 1995 ; 2e édition, 2001) ; Philosophie et politique à l’âge classique(PUF, 1998) ; La questione del fondamento nelle dottrine moderne del diritto naturale (Naples, Editoriale Scientifica, 2000) ; L’Autre Voie de la subjectivité (Beauchesne, 2000) ; Figures du pouvoir. Études de philosophie politique de Machiavel à Foucault (PUF, 2001 ; 3e édition, 2001) ; Quel avenir pour Israël ? (en collab. avec Shlomo Ben Ami et al.PUF, 2001, 2e édition en poche, coll. « Pluriel », 2002) ; Hobbes the Amsterdam Debate (Débat avec Q. Skinner), (Hildesheim, Olms, 2001) ; Difficile tolérance (PUF, 2004) ; Un détail nazi dans la pensée de Carl Schmitt (PUF, 2005) ;Réflexions intempestives de philosophie et de politique (PUF, 2006) ; Critique des nouvelles servitudes (PUF, 2007) ; La Destitution des intellectuels (PUF, 2010).
Il a également publié Raison et déraison d’État (PUF, 1994) ; Jean Bodin : nature, histoire, droit et politique(PUF, 1996) ; Aspects de la pensée médiévale dans la philosophie politique moderne (PUF, 1999) ; Comment écrire l’histoire de la philosophie ? (PUF, 2001) ; Machiavel, Le Prince ou le Nouvel Art politique (PUF, 2001) ; Penser la souveraineté (2 vol.) (Pise-Paris, Vrin, 2002) ; Les Fondements philosophiques de la tolérance (3 vol.) (PUF, 2002) ; Faut-il réviser la loi de 1905 ? (PUF, 2005) ; Les Philosophes et la question de Dieu (en collab. avec Luc Langlois, PUF, 2006) ; Matérialistes français du XVIIIe siècle (en collab., Paris, PUF, 2006) ; Hegel et le droit naturel moderne (en collab. avec Jean-Louis Vieillard-Baron) (Vrin, 2006) ; Monarchie et République au XVIIe siècle (PUF, 2007) ; Kant cosmopolitique (L’Éclat, 2008) ; Carl Schmitt ou le Mythe du politique (PUF, 2009), Repenser la démocratie (Paris, Armand Colin, 2010).
 

Francesco Chiamulera : CANDIDATO REAGAN L'alba di un'epoca americana (Aragno, It, 2013)



CANDIDATO REAGAN
L'alba di un'epoca americana

Francesco Chiamulera affianca alla biografia di una delle figure più rilevanti del Novecento un’analisi delle profonde mutazioni che interessano la destra statunitense, il partito repubblicano, e più in generale la società e l’opinione pubblica nei tormentati anni Settanta. Narratore prima e più che «comunicatore», Ronald Reagan è, soprattutto, un grande, spregiudicato interprete del sogno americano dei Padri fondatori, in particolare nella sua declinazione jeffersoniana.
Speranza e forza, sogno e carattere, vaghezza e testardaggine. Si potrebbe andare avanti a lungo ad elencare gli elementi che hanno fatto di Ronald Reagan un animale politico così singolare e memorabile. Ma è solo una parte della spiegazione più ampia del perché Reagan abbia vinto le elezioni del 1980, diventando il quarantesimo presidente degli Stati Uniti e costruendo una solida, duratura alleanza politica, che ha retto fino all’elezione di Barack Obama, quando si è chiusa un’epoca americana. Francesco Chiamulera affianca alla biografia di una delle figure più rilevanti del Novecento un’analisi delle profonde mutazioni che interessano la destra statunitense, il partito repubblicano, e più in generale la società e l’opinione pubblica nei tormentati anni Settanta. Narratore prima e più che «comunicatore» (parola abusata e poco significativa), Ronald Reagan è, soprattutto, un grande, spregiudicato interprete del sogno americano dei Padri fondatori, in particolare nella sua declinazione jeffersoniana. In perenne rivolta contro lo stato centrale e contro l’autorità.

Francesco Chiamulera è nato a Belluno nel 1985 ed è cresciuto a Cortina d’Ampezzo. Laureato in Storia contemporanea, relatore Giovanni Sabbatucci, è stato borsista presso la Boston University (Massachusetts), dove ha condotto ricerche e studi sulla Storia della cultura americana. Ha collaborato con quotidiani locali e nazionali e con l’Ansa, ed è nella redazione di Agenda Liberale, rivista online del Centro Einaudi. È ideatore e responsabile, con Vera Slepoj e Alberto Sinigaglia, di “Una Montagna di Libri”, gli incontri con l’autore di Cortina, e del Premio Cortina d’Ampezzo per la letteratura. Candidato Reagan è il suo primo libro.






sabato 7 settembre 2013

The Nation: Contact your senators and representatives and demand they vote no on military intervention in Syria.


Dear EmailNation Subscriber,

A vote on the President's request to use military force against Syria could come as early as this coming week. While the Senate Foreign Relations Committee has approved a resolution authorizing military intervention, it is still unclear whether the House of Representatives will agree to support such an attack. As The Nation's editors write, war can now only be averted "if members of Congress who care about supporting human rights through nonmilitary means and international law rise to the moral and political challenge of this moment."
According to polls, a plurality of Americans oppose striking Syria even if there is definitive evidence that the regime of President Bashar al-Assad used chemical weapons against his own people. Now it is time for democracy to work. Contact your senators and representatives and demand they vote no on military intervention in Syria.
All best,
Sarah Arnold, The Nation

giovedì 5 settembre 2013

MICHELE SMARGIASSI - Intervista a Mario Tronti: "La lotta di classe c'è ancora" @ La Repubblica, 5 settembre 2013





Intervista a Mario Tronti:
"La lotta di classe c'è ancora"


"Non facciamoci distrarre". Parla il fondatore dei "Quaderni Rossi" e dell'operaismo teorico che oggi si definisce "intellettuale comunista senza un partito comunista"







@ La Repubblica,  di MICHELE SMARGIASSI











ROMA - Dalla finestra dello studio del senatore Mario Tronti si sbircia il Borromini: la sua cupola di Sant'Ivo, tutta una controcurva, è un'antinomia barocca, una stravaganza, eppure sta in piedi. Un po' come la sinistra. "Strana e affascinante", la osserva appoggiato al davanzale il filosofo, teorico dell'operaismo, che a 82 anni è la personificazione del pensiero critico della sinistra italiana. Di sé ha scritto, autoironico: "Sono anch'io un'antichità del moderno", non si vergogna della sua nostalgia per il "magnifico Novecento", ma osserva le controcurve del nuovo millennio.

Ha mai detto di se stesso "sono un uomo di sinistra"? Qualcosa mi fa supporre di no...
"Ha indovinato. Non lo direi mai, mi sembra banale. Penso che "sinistra" sia qualcosa di cui c'è necessità forse più che in passato, per quel che ha significato e può significare ancora. Ma vede, io sono un teorico della forza e non posso non vedere la debolezza della parola".

È sopravvissuta a parole che sembravano eterne, una sua forza l'avrà pure...
"Sì, quella che dovrebbe avere. Metodologicamente sono contrario ad abbandonare una definizione vecchia prima di trovarne una nuova che la sostituisca. Mantengo questa, allora, consapevole dei limiti, perché per adesso non ne ho un'altra. La vado cercando".

Ipotesi?
"In autunno uscirà un mio libro il cui saggio finale, inedito, si intitola La sinistra è l'oltre. Ecco, la sinistra dovrebbe coltivare qualcosa che va al di là del presente, ricostruire una narrazione, ma io preferisco dire visione, di quel che può esistere dopo la forma sociale e politica del mondo che abbiamo".

Non è sempre stata questo? Un movimento che "abolisce lo stato di cose presente"?
"A questo si erano dati nomi più forti, socialismo, comunismo, e più efficaci, perché dicevano immediatamente anche all'uomo più semplice che si andava verso qualcosa al di là dell'orizzonte".

Mentre sinistra è uno "stato in luogo"?
"Di certo non ha la stessa capacità di evocazione, serve magari a criticare il presente ma non contiene il futuro. È rimasta in campo, ma non è riuscita a creare quella grande appartenenza umana, antropologica, che le vecchie parole suggerivano. Forse "sinistra" riflette proprio questo passaggio dalla prospettiva all'autodifesa, dal movimento alla trincea".

Ma si diventa di sinistra? O ci si nasce?
"Ognuno ha la propria risposta. Non amo parlare di me, ma posso dirle che nel mio caso è stato quasi un fatto naturale, da giovanissimo, diventare comunista. Perché quella è stata la mia parola, subito. Ha contato molto l'estrazione popolare della mia famiglia, mio padre comunista col quadro di Stalin sopra il letto, mi sono immesso in quell'orizzonte in modo naturale, ovviamente da lì è partito un percorso lungo e critico...".

Fino alla dramma del crollo. Lei ha scritto: fu uno strabismo, credevamo fosse il rosso dell'alba, era quello del tramonto...
"Ma prima di questo avevamo già declinato la categoria del disincanto. Quando sono caduti nome e forma del partito, ricordo bene che in quel travaglio mi sono affidato a una scelta: rimarrò un intellettuale comunista in qualunque partito mi troverò a militare. E così ho fatto. Resto in quest'area, con la mia identità".

Una volta non era concepibile essere comunisti senza il partito.

"È diventata una scelta libera dalle strutture. Io mi sono iscritto presto nel filone del realismo politico, lungo la linea anti-ideologica Machiavelli Hobbes Marx Weber Schmitt... Essere comunista in questa linea non è facile, ma le grandi idee vanno portate dentro la storia in atto. Tra la visione e la politica c'è la mediazione della pratica, io devo tener conto di quel che c'è, e di come c'è".

Lei ha scritto anche: basta con gli aggettivi, torniamo ai sostantivi. Cosa voleva dire?
"La parola sinistra è stata aggettivata tantissimo. Questo capita alle parole deboli. La differenza tra socialismo e comunismo è che il primo a un certo punto sentì il bisogno di aggiungere "democratico". Il comunismo non lo fece mai. Non so se sia stato un bene o un male, forse è stata una delle cause del suo fallimento". 

Ma quale strada porta all'oltre? Fare qualcosa di sinistra oggi sembra ridursi a una deontologia civica di onestà, rispetto...
"Da un po' di tempo dico che si è aperta nel mondo contemporaneo una grande questione antropologica: il senso dell'essere qui, in un mondo allargato e transitorio, in questo disagio di civiltà che non è solo politico e sociale o economico. Come essere donne e uomini in questo mondo? La domanda vera è questa. Rispondo così: è importante avere un punto di vista, partire da una posizione. Che può essere soltanto parziale. In una società profondamente divisa non è possibile essere d'accordo con tutti. Certo una volta era più semplice, le parti erano chiare e distinte, erano le classi. La parte ora te la devi andare a cercare".

E come si riconosce?
"Per essere riconoscibile come parte, la sinistra dovrebbe dire una cosa semplicissima: siamo gli eredi della lunga storia del movimento operaio. Lunga storia, ho detto. Abusivamente ridotta a pochi decenni, quelli del socialismo realizzato, mentre viene dalla rivoluzione industriale, si diversifica nell'Ottocento grande laboratorio, affronta nel Novecento la sfida della rivoluzione...".

La perde...
"Quella storia del movimento operaio ovviamente si è conclusa, ma la storia resta storia. La Spd non è il mio orizzonte politico preferito, ma ha appena celebrato senza imbarazzi i suoi 150 anni di vita. Ecco, quello è un partito! Non può essere partito quello che azzera tutto ogni volta che viene convinto a farlo dalla contingenza politica". 

Cosa resta di quella storia?
"Una parzialità. La parte del popolo attorno a un concetto che non è sparito con la fine del movimento operaio: il lavoro. Una sinistra del futuro non può che essere la sinistra del lavoro come è oggi, complicato frantumato in figure anche contraddittorie, il dipendente l'autonomo il precario, il lavoro di conoscenza, quello immateriale... La sinistra dovrebbe unificare questo multiverso in un'opzione politica. Ma essendo anche un teorico del pessimismo antropologico, la vedo difficile".

La politica al tramonto. È il titolo di un suo libro recente.
"Io teorizzo pessimisticamente il tempo della fine. Viviamo in un tempo della fine, lo dico senza emozioni apocalittiche che non mi appartengono. Ma è forse anche la fine del grande capitalismo e delle sue ideologie. Vede, la maledizione della sinistra dopo il Pci è stata non avere avversari di rango. Per essere grandi ci vogliono avversari grandi. Altrimenti, per tornare alla sua domanda sulla deontologia civica, si cade nella deriva eticista".

Può spiegare meglio? 
"La cosiddetta sinistra dei diritti, maggioritaria oggi. Quella che si limita a difendere un certo elenco di diritti civili, presentandoli come valori generali. Finisce per essere un intellettualismo di massa, un consolatorio scambio al ribasso. Basta qualche battaglia contro l'immoralità e ti senti a posto dentro questa società".

La rivolta contro la "casta" sembra verbalmente forte e gratificante.
"La famosa antipolitica... La sinistra non ha messo a fuoco il pericolo vero, la sua violenza, il suo obiettivo vero, che è deviare lo scontento popolare su una base che per il potere è sicura perché non minaccia davvero le basi della diseguaglianza. Se non trovi lavoro è perché i ministri hanno le auto blu?". 

Un'arma di distrazione di massa?
"Un disorientamento politico di massa. Le grandi classi non ci sono più, il conflitto frontale non c'è più, i grandi partiti neppure, ma la lotta di classe c'è ancora. Di questo mi permetto di essere ancora sicuro". 

mercoledì 4 settembre 2013

Google and the World Brain - trailer English

The story of the most ambitious project ever conceived on the Internet. In 2002 Google began to scan millions of books in an effort to create a giant global library, containing every book in existence. They had an even greater purpose - to create a higher form of intelligence, something that HG Wells had predicted in his 1937 essay "World Brain". But over half the books Google scanned were in copyright, and authors across the world launched a campaign to stop Google, which climaxed in a New York courtroom in 2011. A film about the dreams, dilemmas and dangers of the Internet. http://www.worldbrainthefilm.com/

domenica 1 settembre 2013

Nick Land: Phylosophy of War @ Dissolution



Nick Land: 
Phylosophy of War 
@ Dissolution (Fight more...)

“War is deception” – Sunzi
“War is the father of all things” -- Heraclitus
“War is god” -- Cormac McCarthy (Blood Meridian)
“You have made your way from the worm to man, and much within you is still worm.” – Nietzsche (Thus Spake Zarathustra)



Camouflage
In a reality at war, things hide. The alternative is to become a target, a casualty, and thus – in the course of events – to cease to be. When war reigns, ontology and occultation converge. The oldest of all alliances binds survival to the shadows.
Absent a sovereign peace, of the kind an all-powerful and benevolent God -- or its political proxy -- could ensure, existence is a jungle of lies. Within such an environment truth, or unconcealment, is a way to get things killed.
To see is to eliminate, actually or virtually, and with virtual elimination comes dominion. This is to return to pacific sovereignty on a darker (but illuminated) path. If no God is found already at work, announced unambiguously through a manifest peace, then a substitute has to be made from the suspension of war -- and that presupposes a war. A God who hides blesses only battlefields, because his stand-in will be a state.
In a war there can be no philosophical innocence (and there has never been philosophical innocence).
Even when epistemology pretends to concern itself with things that we just happen not to know, its objects infect it with dissimulation, camouflage and secrecy, making it complicit in the transmission of the lie. It plays out war games of concealment and exposure, disinformation, distraction, and feint, entangled in the complex skein of signal manipulation and evaluation known to all militaries as ‘intelligence’.

To know, or not to know – these matters are too important to be ignored by the war. It is through such discrimination that the difference between life and death is decided, and distributed. This is how the administrators of war, at their most confidently articulate, speak:
There are known knowns. These are things we know that we know. There are known unknowns. That is to say, there are things that we know we don’t know. But there are also unknown unknowns. There are things we don’t know we don’t know. Who are we? (‘We’ don’t know ...)



Escalation
Before beginning over, from the end, there are some things to be said about ends. What modernity finds thinkable in war is owed, above all, to Carl von Clausewitz, and his great synthesis of organized bellicosity with rational statecra,, under the principle that war is politics by other means . Politics supplies the end, and thus the war aim, to which all strategy and tactics is subordinated, in accordance with a rigorous teleological scheme. Military purposes have their final cause in the rational self-interest of the state.
Within the Clausewitzean philosophical system, the military apparatus is essentially technological. The entirety of its social and technical composition is comprehensible as teleological machinery, integrated in accordance with a command-control hierarchy of cascading purposes, connected to a transcendent political will. From the boots and bullets that constitute its simplest pieces of equipment, through tactical drills and maneuvers, to large scale strategic plans and operations, it can always meaningfully be asked: What is this for? Furthermore, this question is necessarily strictly equivalent to asking: How does this serve the ultimate war aim? War in-itself, however, is an emergent phenomenon, arising between states – rather than in subordination to them – and thus eluding the political meaning that corresponds to finalistic intelligibility. A war, as such, is not for anything (not even ‘for oil’), unless it is misleadingly identified with the highest level strategy of one or other antagonist. Within the war no less than two ultimate aims, or political wills, collide, so that -- of necessity -- it can have no unambiguous purpose. Consequently, we cannot ask: Who is the war? Or: What does it want? (that would, or course, be insane.)
Nevertheless, Clausewitzean war has an inherent gradient, which simulates purpose to an arbitrary level of approximation.  In accordance with its own nature, to which the antagonistic agents are pressed into compliance, war tends to an extreme. In other words, any restricted form of warfare is conceived as fragile political artifice, stubbornly subverted by a trend to escalation that expresses the nature of war in-itself, and which thus counts – within any specific war -- as the primary axis of real discovery.  A crypto-teleology proper to war itself is demonstrated by the inclination of violent, politically-uncircumscribed conflict to escape all limitation.
From the perspective of the state and its serious games – which, as we shall see, can be transferred beyond the state onto trans-political confrontations of an even more radical nature – it is not di cult to understand how escalation (the autonomization of war) takes over. Insofar as the state approaches its historical essence, as a sovereign or ultimate entity, military defeat is a catastrophe that cannot in principle be transcended. From the intrinsic character of the state, it follows that no measure required to avoid defeat can be excessive. The epoch of nuclear confrontation, which – contrary to superficial appearance – has scarcely begun, has facilitated the rigorous formalization of this macro-political incentive to the abandonment of limitation, all the way to Mutually Assured Destruction.
Conceived concretely as a relationship between antagonists, rather than abstractly as a gradient of war in-itself, escalation is a zig-zag of reciprocal incitement, or a cybernetic circuit without negative (dampening) links. The structural predisposition of each party to escalation is carried forwards, or advanced in time, as an efficient virtuality, reinforcing the positive trend with a supplementary motive for pre-emption. The probability that the enemy will at some point escalate becomes a prompt for anticipatory counter-escalation, creating a wave of intensified war effort with reversed time signature. The model war is maximally-accelerated escalation provoked by the future: Time pressure.


Threat Matrix
Respond now to what the enemy might do, and science fiction has become a component of military strategy (operating as an escalator). Nowhere is this more dramatically evident than in the work of Hugo de Garis, where a reverse cascade of threat anticipation embeds war in-itself within contemporary information technology. First implemented in military cryptography machines, and later distributed across robust networks designed to survive nuclear attack, military imperatives have been hard-coded into computational infrastructure from the start. Advanced technology conducts political teleology by adapting C4 systems (command, control, communications, and computation) to the Clausewitzean conditions of intensified war – whether actual or virtual – characterized by extreme escalation, ‘fog’ and ‘friction’. The emergent abstract factor is resilient intelligence, the most flexible (general-purpose) principle of competitive advantage. The crypto-teleology of war (in-itself) becomes increasingly identified with artificial intelligence production.
As a high-level technical theoretician practically promoting the development of artificial brains, Hugo de Garis is implicitly connected to this lineage, despite his avoidance of formal links to military research programs. This distance from overt defense work – which might have lured a less scrupulous intelligence into fantasies of philosophical innocence – prompted de Garis into a conceptual escalation beyond the Clausewitzean framework. Rather than envisaging technology as the conductor of the state war aim, he began to suspect that it was itself an unsubordinated teleological element, displacing the state as final cause.
Against the limited conception of a war waged through technology, escalated by disciplined science fiction speculations intrinsic to the military apparatus, de Garis turned (through an escalated science fiction) to the model of an unlimited or ‘gigadeath’ war waged over and about (while also still through) technology. The fate of technology would no longer be decided by the wars among states, but would itself become a polarizing cause, determining a trans-political war, with states as teleologically-subordinated components (or large-scale technological parts). The point of contention: Will super-human artificial intellects (or ‘artilects’) be permitted to happen?
The coming Artilect War – “almost inevitable before the end of the 21st century” . – subsumes everything into the axis of escalation, pitting ‘Cosmist’ proponents of technological extrapolation without limit against the ‘Terran’ resistors who oppose it. The retro-chronic dynamics of escalation are driven to an ultimate limit by fundamental game-theoretic dissymmetry. The Terrans cannot possibly escalate too hard, too fast, because the Cosmists are aligned with escalation, and therefore win automatically if the war is prolonged to its intrinsic extreme. The Terrans cannot allow the war to take its time, knowing that anything other than a ‘prematurely’ concluded war is a Cosmist success. Time pressure reaches its maximum, through the condensation of an absolute threat that is intricately entangled with the means required to counter it.



End Game
Even in an extreme formulation of the de Garis Artilect War, the Cosmists are still a ‘side’. While aligned exactly with the inherent trend of war in-itself, they supply it with a recognizable ideological subjectivity, preserving a residue of dialectical intelligibility. Artilects are double counted, at the bottom and top of the teleological order – as mere weapons, and as final causes. Simply tracking the tangled circuitry of this model would eventually describe complexities beyond pursuit. What can already be comprehended of the Terran perspective is enough to demonstrate that – for the human resistance – it cannot begin quickly enough. If tomorrow is too late, and yesterday none too soon, it crashes through the present to embed itself deeply within the (apparent) epoch of Clausewitzean war. With no Cosmists to represent the cause of escalation, war’s crypto-teleology – the ultimate enemy – hides itself among the cross-currents of state-political antagonism.
The question then arises: is Stuxnet a soft-weapon fragment from the future war? When its crypto-teleological significance is finally understood, will this be confined to the limited purpose assigned to it by US-Israeli hostility to the Iranian nuclear program? Does Stuxnet serve only to wreck centrifuges? Or does it mark a stage on the way of the worm, whose final purpose is still worm? Are Cosmists even needed to tell this story?
The answer depends upon the limitation of war, which can be represented by the proxy of anti-proliferation. If state-political objectives are able to subordinate – or indefinitely master – the crypto-teleology of escalation, then Stuxnet will have ‘always been’ an instrument of policy, or never significantly more than a weapon.  Despite the ‘fog’ of war, the ‘friction’ of unpredictable events, and the tendency to techno-military escalation it demonstrates, there would be no reason to think a more-or-less exhaustive explanation for its existence were not already available in principle, however deeply encrypted. Then we could know, even if (befogged and disinformed) we concretely do not, that it was designed to prevent escalation – in the guise of Iranian nuclear capability – from escaping the politically-circumscribed order of the world.
If, on the contrary, war is going to escape, then nothing we think we know, or can know, about its history will remain unchanged. State-politics will have been the terrain in which it hid, military apparatuses the hosts in which it incubated its components, antagonistic purposes the pretexts through which – radically camouflaged – it advanced. Its surreptitious assembly sequences would be found scattered backwards, lodged, deeply concealed, within the disinformational megastructure of Clausewitzean history.
“War is god” asserts Cormac McCarthy’s Judge Holden. It has its own order of providence and its own laws. It is the ultimate meaning of things.
We are under no compulsion to believe a self-declared fiction, or to listen uncritically to a character within it. We have only to think about the ways things hide, or – less demandingly still – to accept that thoughtlessness loses wars.
Does the war think? We don’t know (but the idea sounds insane).


On War, by General Carl von Clausewitz, translated by Colonel J.J. Graham, http://www.gutenberg.org/)les/1946/1946-h/1946-h.htm
. Hugo de Garis (2005). The Artilect War: Cosmists Vs. Terrans: A Bitter Controversy Concerning Whether Humanity Should Build Godlike Massively Intelligent Machines. Palm Springs, CA: ETC Publications. ISBN 0-88280-154-6. 

Claire Bishop - Artificial Hells - Verso, Uk, 2012


Since the 1990s, critics and curators have broadly accepted the notion that participatory art is the ultimate political art: that by encouraging an audience to take part an artist can promote new emancipatory social relations. Around the world, the champions of this form of expression are numerous, ranging from art historians such as Grant Kester, curators such as Nicolas Bourriaud and Nato Thompson, to performance theorists such as Shannon Jackson.

Artificial Hells is the first historical and theoretical overview of socially engaged participatory art, known in the US as “social practice.” Claire Bishop follows the trajectory of twentieth-century art and examines key moments in the development of a participatory aesthetic. This itinerary takes in Futurism and Dada; the Situationist International; Happenings in Eastern Europe, Argentina and Paris; the 1970s Community Arts Movement; and the Artists Placement Group. It concludes with a discussion of long-term educational projects by contemporary artists such as Thomas Hirschhorn, Tania Bruguera, Pawe? Althamer and Paul Chan.

Since her controversial essay in Artforum in 2006, Claire Bishop has been one of the few to challenge the political and aesthetic ambitions of participatory art. In Artificial Hells, she not only scrutinizes the emancipatory claims made for these projects, but also provides an alternative to the ethical (rather
than artistic) criteria invited by such artworks. Artificial Hells calls for a less prescriptive approach to art and politics, and for more compelling, troubling and bolder forms of participatory art and criticism.